lundi 20 avril 2009

La crise de la vingtaine

[Extrait de ma nouvelle La crise de la vingtaine]

Chaque fois c’est la même chose. On ne peux pas rester enfermé. On est accro aux sorties. Chaque lundi, on n’a qu’une envie, être le vendredi pour recommencer un week-end d’excès. Pour certains, c'est même tous les jours le week-end.

Notre vie se résume en quelques mots : alcool, drogue, sexe, débauche, jeux vidéo. J’ai grandi avec la génération décadence, celle qui ne se demande même pas de quoi demain sera fait puisque demain, c’est aujourd’hui. Même à l’échelle de ma vie, il me semble déjà loin le temps où je ne fumais pas 25 clopes par jours, où je sortais moins de quatre fois par semaine.

On s’est créé notre réalité dans une cave aménagée, des appart' ou des maisons quand les parents sont sortis. On apprécie ces ambiances, dans une dimension où le temps ne défile plus pareil, dans un chaos où plus rien n’a de sens. On sait pertinemment que notre vie ne pourra pas indéfiniment se faire dans cette matrice, mais on l’oublie vite à grands verres de vodka. Peut-être que ça nous satisfait, au fond. De toute façon, il est trop tard pour se poser des questions. Une fois le pied dans l’engrenage, tous vos espoirs s’envolent.

Souvent en fin de soirée, je scrute la scène avec un regard d’observateur. Tout le monde (y compris moi) a revêtu son habit de soirée. Cet habit, c’est une personnalité de façade que chacun se doit d’avoir pour être intégré. Tout cela n’est, vu d’un autre œil, qu’une grosse mascarade plutôt glauque. Chacun noie ses soucis, ses rancœurs, ses humeurs dans l’hypocrisie, la weed et la bière. Encore une soirée, où la planète France elle s’est bien amusée. On se détruit, et on le sait, on se dégoûte sur le chemin du retour, et ça passera demain après un cachet de citrate de bétaïne. Mal du siècle qui risque de durer bien plus, on se demande parfois si c’est une bonne chose de vivre avec son temps... Mais a-t'on vraiment le choix?


vendredi 3 avril 2009

Si on m'avais dit...

Si on m'avais dis qu'un jour je serai commis dans un grand restaurant gastronomique à Londres, que je vendrai de la weed à des potes, que je trouverai des CD de la Fabric à £3, que je me la mettrai avec un Espagnol en boite, que reviendrai aussi vite à la maison, que je ferai le zouave dans une R5 marron sur les Champs Elysées, que je serai brancardier aux urgences d'un hôpital, ou vendeur chez Levi's, je l'aurais vraiment pas cru... La vie est parfois pleine de surprises.

mardi 3 mars 2009

Més aventures à Londres

Le 15 Février, j’ai quitté la France. Date historique donc, puisque première indépendance, premier lancement sérieux dans la vie active, premier long voyage, premier rêve qui se réalise. J’étais paré, préparé, bardé. Normal après des mois de préparation plus ou moins intensifs.

J’ai pris le train, et je m’en suis allé, laissant derrière moi une mère en pleurs et une France qui me sortait par les yeux à tous les niveaux. Il me fallait changer d’air.

J’arrive à St Pancras sous un léger crachin. Mon contact sur place se fait attendre un bon moment. Un mec plutôt nice, installé depuis un an, barman 60 heures par semaine dans un cocktail bar hype de la City. Il me dresse très vite un portrait bien loin de tout ce que j’avais lu et entendu sur Londres, l’Angleterre, les Anglais… Je mets très vite une distance, et m’interdit de céder au pessimisme, préférant me faire ma propre opinion. Je fini l’après midi chez des amis à lui, des blacks parisiens fumeur de bedo et des filles clubbeuses. Pas trop dépaysant comme entrée en matière.

Lendemain, 8h, mon réveil sonne dans la petite chambre que je partage avec mon pote barman dans un quartier Turc au nord de la ville. Douche, costard, cravate (Paul Smith, d’ailleurs, petit clin d’œil à ma nouvelle patrie) : je ne veux pas perdre de temps. Plein d’espoirs, j’attaque à pieds la grande ville, CV à la main. C’est vraiment la grosse crise par ici, et on est loin des jobs trouvés en moins d’une semaine par certains, mieux tombés, il y a quelques années.

Je passe mes premières journées à marcher 10h par jour, prends peu près toutes les lignes de métro avec des cloques aux pieds. Si la seule difficulté avait été de trouver un job, je serais vraiment heureux. Dès le deuxième jour, mon roomate découvre et m’apprends qu’on a des bedbugs. Je vous laisse vous documenter sur ces saloperies. Les ennuis sérieux ont commencé à ce moment là. J’ai passé les semaines les plus dures de toute ma putain d’existence. On a tout d’abord jeté son lit, et le petit fauteuil pliant ou je dormais pour ne laisser que des couvertures à même le sol. Il a ensuite fallu laver, sécher et repasser toutes nos fringues. Je dormais 5h par nuit, avec des insectes qui rampaient sur moi et une forte odeur de produits toxiques, passait mes journées à laver mes fringues et à démarcher les shops et les Starbucks de Londres, perdait encore du poids.... Les relations avec mon colloc’ de chambre, ont commencé à être tendues. J’ai payé £70 pour qu’une agence immobilière me trouve au plus vite une chambre. J’ai sauté sur un cagibi (un lit, 4 murs) très bien situé à l’est de la ville. Je m’y installe en me disant que c’est la fin du cauchemar. Je me réveille après la première nuit avec des plaques rouges et des boutons partout. Cette fois-ci, c’était une véritable infection de bedbugs !

Je gueule après le proprio reste obscur. Il me propose une autre chambre, plus grande, dans la même maison dégueulasse, et au même prix. J’y suis actuellement, non sans avoir ramené avant toute mes affaires dans la première maison pour désinfection complète. Je pense m’être débarrassé du problème, mais suis devenu totalement parano et maniaque, et spraye, poudre, lave, aspire toutes mes affaires sans arrêt. Du coup, j’ai chopé une allergie aux produits chimiques, et me retrouve avec des démangeaisons, des plaques rouges et bleues sur le corps. C’est psychologiquement très dur et nerveusement épuisant, vous pouvez me croire. Et encore, là, je vous ai fait la version light, sans les problèmes de carte bleue, la fraude dans les bus infraudables, les innombrables allés retours du nord à l’est avec des sacs poubelles contenant mes fringues, les colloc’ à moitié tarés qui puent et autres anecdotes qui vous feraient probablement bien ricaner.

Si j’en ai souvent chié dans ma vie, là j’ai tout simplement atteins un autre niveau. J’ai perdu mes rêves, mes espoirs, je suis blasé. J’ai même raté la soirée Bloody Beetroots que j’attendais depuis des mois, c’est dire. Peut être aussi que j’en attendais beaucoup (trop) de London…

Et maintenant, me direz-vous ? Et bien j’ai décidé de me laisser le temps de vivre, avant de prendre un nouveau nouveau départ, chez Moi, en France. J’ai un billet de retour pour fin mars que je risque fortement d’utiliser, je lis des bouquins d’Houellebecq en trois jours, je sors avec des potes Japonais, Italiens, Français, j’ai enfin pu trouver Starbucks Experience en librairie. Hier soir je me suis mis ça en club, puis j’ai vomi jusqu’à me vider dans un bus de nuit pourtant bien rempli… Plus rien ne compte, plus rien n’a d’importance. Je suis définitivement un autre homme.

lundi 12 janvier 2009

Here comes the milk

Ce week end je suis parti dire au revoir à mes potes de Poitiers. Alex s'est joint à moi à la dernière minute, ce qui a donné une petite touche de BraiSn Tour à ce pèlerinage. On fume un péquos sur le quai avant le départ du train. C'est parti. Au delà de quelques déconvenues avec les contrôleurs, puis avec une serveuse aigrie, le voyage se passe bien. Sur place, Bop's et Sylvain nous attendent. On ride dans la ville, juste le temps de reloader de quoi bien démarrer la soirée. Après un apéro qui m'a couté un fou rire mémorable autant qu'inexpliquable et quelques ravioli, on se dirige dans un bar. Je discute avec des anglaises qui parlent trop fort. On drague un moment puis une soudaine soif générale se fait sentir. Direction le Caribou pour l'ultime sommation. Une tournée de bière à l'érable plus tard, on est tous foutu. Il est l'heure d'aller en club dansant. Malheureusement, un problème logistique nous poussera peu après à rentrer dormir. Le lendemain, Sylvain me réveille à 9h30 pour aller à son entrainement de foot US. Enfoiré. Déclinant sa proposition pourtant appuyée de participer, je reste à bronzer dans les gradins. Il m'emmène manger chez ses parents, qui nous accueillent comme à leur habitude comme des princes de la ville.
Quelques menues pérégrinations plus tard on se retrouve à un apéro géant organisé par Facebook sur une place, avec boissons aromatisées cyprine, pizzas à volonté et concerts. On louvoie à droite à gauche puis embrayons chez Bop's. Maxou et Pedro se joignent à nous. Ça sent le kebab, la clope, l'alcool, la drogue et le son à fort mojo ajouté. Je rentre chez le voisin sous un prétexte discutable afin de draguer les copines de ce dernier. Bonne pioche, on s'est presque fait violer!
Le taxi met 1h à arriver. Le monospace fait un frein à main dans la neige, et on sort devant la boite elektro de Poitiers comme des rockstars. A l'intérieur, Pedro paye une bouteille, et la soirée commence vraiment à devenir awesome. On se fais mater par les plus grosses michtoneuses, Bop's ne peut pas s'empêcher de taper sur un manouche visiblement d'humeur chafouine, et Alex disparait plusieurs fois mystérieusement. La soirée envoie du lait. Tellement qu'on décide d'aller à l'after. J'étais murgé à mon maximum, de ces murges où le nombre d'alcools différents devient dur à déterminer. Je tombe amoureux d'une des filles que j'ai embrassé. Elle a un gout de vodka (ou peut-être que c'était moi?) et des boucles d'oreilles étoilées. On fini par rentrer vers 6 ou 7 heures, et je me souviens m'être senti mal dans le taxi. Au réveil, je manque sérieusement de fraicheur. J'enquille une Déspé et on va manger un bon Quick. L'après-midi s'est finie à regarder le DVD de Justice chez Bop's.
Avec un timing tout Poitevin, nos adieux temporaires se font à l'arrache avant que mon train ne parte. J'en ai chié des briques sur le retour, encore un peu bourré, épuisé, et surtout triste.

dimanche 4 janvier 2009

Théorie sur les relations humaines

J'ai depuis quelques années une théorie qu'il me semble intéressante de partager. Elle corrobore d'ailleurs tout à fait l'une des idées de mon pote caviste, qui m'apporte souvent ses réflexions, pour nous aider mutuellement à y voir plus clair dans ce monde obscur.
Je pense que toutes les relations humaines sont programmées pour une durée bien précise. Selon moi, toutes les personnes que l'on rencontre dans notre vie ne sont là que pour un temps donné. Elle ont toutes quelque chose à nous apprendre, même celles dont on n'apprécie pas la compagnie.
Il convient alors à chacun de pouvoir tirer parti des interactions pour prendre des informations, du vécu, de l'expérience, des leçons ou quoi que ce soit. En échange, chacun offre des informations, du vécu, de l'expérience ou des leçons. Le concept de durée s'explique par le fait que les gens évoluent, et suivent des chemins différents au fil du temps. C'est au moment ou on commence à ressentir un déséquilibre entre cette loi de l'offre et de la demande qu'il y a une cassure dans la relation, et que peu à peu on constate un éloignement (progressif ou brutal d'ailleurs) des protagonistes. Sur une période suffisamment longue, c'est inéluctable.
Je pars donc du principe que j'ai à apprendre de tout le monde. Tout le monde peut m'apporter quelque chose, en échange d'une autre chose. Les affinités, la situation initiale de rencontre, les points communs, le milieu social ou d'autres facteurs influent ensuite sur la durée de nos relations. C'est pour ça que je me calibre pour n'attacher qu'une juste considération aux multiples rencontres que je fais depuis un certain temps (qu'on soit d'accord, juste signifie adéquate, pas de mesquinerie ici). D'une part rien n'est éternel, et, d'autre part, il est futile (et dans tous les cas difficile) de s'attacher plus qu'il n'en faut. Je veux dire qu'il faut apprécier chaque chose à sa juste valeur (qu'elle soit élevée ou non) et ne pas créer de déséquilibre relationnel qui pourraient court-circuiter les échanges et y mettre un terme avant l'heure.
Pensez-y.

J'espère que tout ceci n'est pas trop confus, le Martini commence à me tourner la tête, et l'absence de clope aussi...

mercredi 24 décembre 2008

Ce qui va me manquer

Ma mère bien entendu, avec ses petits bonheurs et ses grandes peines, ma sœur quand on ne se met pas sur la gueule, mon père quand il fait preuve de tact, les rallyes en auto, mon écran plat, mes copains de toujours, et ceux de parfois, les soirées clubbing avec Fabien, les soirées chez Juju, chez Valou, les cibiches au Chémar avec Carol, les baby-foot au Sévigné, les discussions avec Axel, Robin et sa bonne humeur, Anthony le magouilleur débrouillard qui m'épatera toujours, Shasha et son lifestyle avant-gardiste, La Baule et Nantes l'été avec Pierre, Hichem et les autres, Poitiers toute l'année avec Sylvain, Maxou le Buxerollois, les filles de Saint Michel, les garçons avec qui j'y ai passé tant de temps, Bastille avec Anis, les bonnes soirées chez MelC, Evgeni le mec qui me donne envie d'aller en Russie, les Pall Mall 100s à 4, 80€, les délires en amphi sous marijuana, les graffs de Juju, Stéphane et ses bons plans sur eBay, Romain et nos différentes époques, Benji et ses soirées d'enfer, Le BraiSn et ses meetings tellement fanxy, Masta et ses projets chanmax, le Charlie Birdy Montparnasse où j'ai passé tellement de bons moments, mes voisins qui ont toujours été là, ma caisse à Esso après plus de 3 ans, les mecs d'Enzo Pizza qui m'ont fait tant rire, les soirées qui n'en finissent pas, celle où on fini devant la PS3, et celles où on fini chez des gens qu'on connait pas forcément, Joris, Roman, Jérémy et leurs œuvres respectives, le Pub où j'ai dépensé des payes entières et mes collègues d'Orange qui m'ont permis de réaliser l'un de mes rêves.
Autant de raisons ou presque de revenir avec grand plaisir à la maison.

lundi 15 décembre 2008

Seconde chance

J'ai discuté plusieurs fois avec un vieux copain. Le même vieux copain qui m'avais amené à le détester il y a quelques années. D'ailleurs à notre réconciliation, il a lui même reconnu avoir été fut un temps "le sheitan". J'ai été impressionné par son changement de comportement à ce moment là, par sa vision objective du passé. Faute avouée, à demi pardonnée, dit-on. Et bien j'ai complètement pardonné, ce soir là. Et je ne le regrette nullement. Si à l'époque nos conversations étaient d'un inintérêt sans commune mesure, j'ai réappris à connaitre un garçon comme on en fait peu. A tel point que j'ai vraiment apprécié nos quelques discussions sérieuses de ces derniers temps. Il m'a permis de mettre en lumière une chose importante, la notion de deuxième chance. Je lui ai exposé le cas d'un ancien ami à moi avec qui j'avais décidé de couper les ponts et de rompre le contact. Il m'a exposé sa vision des choses, sa conception des relations, et j'ai apprécié. Son idée: on mérite tous une deuxième chance. Pourquoi rester dans le mépris et la haine, alors que rabaisser sa fierté pendant quelques instants peu nous apporter bien plus? Pourquoi se fâcher avec des gens alors qu'on est sur le départ? Pourquoi laisser une mauvaise image de soi, alors qu'on s'évertue tous (à différents niveaux) à donner une image positive à notre entourage? Pourquoi ternir autant de souvenirs?
De tout temps, j'ai pardonné, mais maintenant je comprends mieux pourquoi je le fais. D'ailleurs, quand j'y repense, les filles qui ont compté pour moi ont également eu droit à une deuxième chance.
Si j'étais resté bloqué dans le passé, aigri par nos différends, je serais passé à coté de quelque chose de vrai. Cette discussion, authentique comme celles que j'ai pu avoir avec l'un de mes meilleurs amis de Poitiers, m'a fais comprendre qu'avec le temps, la rancœur doit laisser place au pardon. Alors évidemment, plus il y a eu d'affinités avec la personne, plus on a de fierté, et moins c'est facile de faire le premier pas...
La seule question étant: Que recherche t-on vraiment?